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Rhinologie

Publié le 21 déc 2008Lecture 2 min

Rhinitique aujourd’hui, asthmatique demain

Dr F.Lavaud

Asthme et rhinite allergique sont fréquemment associés, suggérant le concept d’unicité des voies aériennes : “one airway, one disease”. La rhinite allergique est un facteur de développement de l’asthme et de son mauvais contrôle. La prévalence de l’asthme est plus élevée chez les patients rhinitiques. Sans rhinite associée, le pourcentage de l’asthme dans la population générale est estimé autour de 3,5 à 5%. Avec une rhinite, ces chiffres atteignent 12 à 30%, et ce d’autant plus que la rhinite est sévère et persistante. Si on estime que globalement la rhinite allergique multiplie par 3 le risque d’avoir de l’asthme, il manquait des études longitudinales de grande envergure sur le devenir des patients rhinitiques. Les travaux de l’équipe INSERM U700 qui viennent d’être publiés dans le Lancet dans le cadre de l’European Commity Respiratory Health Survey (ECRHS) répondent à ce besoin. Ainsi, 6461 patients souffrant de rhinite allergique ou non allergique mais indemnes d’asthme ont été inclus dans 29 centres européens dans 14 pays et ont été suivis pendant près de 9 ans. Il s’agissait de sujets jeunes (20 à 44 ans) répartis en 4 groupes : contrôle (absence de rhinite et de terrain atopique : 3163 patients), atopique asymptomatique (test positif à un pneumallergène et absence de rhinite : 704 patients), rhinite non allergique (rhinite sans positivité des tests aux pneumallergènes : 1377 patients) et rhinite allergique (rhinite avec atopie définie sur tests positifs : 1217 patients). L’incidence cumulative de l’asthme au cours des 8,8 années de suivi était de 2,2%, soit 140 cas, et statistiquement croissante entre les groupes : 1,1%, 1,9%, 3,1 % et 4,0 % , p < 0,001. Après un ajustement tenant compte du pays d’origine, du sexe, de l’âge, de l’IMC, du VEMS, du taux d’IgE totales, des antécédents familiaux d’asthme et du tabagisme, le risque relatif d’apparition d’un asthme a pu être mesuré à 1,63 (intervalle de confiance : 0,83-3,24) en cas d’atopie asymptomatique, 2,71 (IC : 1,64-4,46) pour la rhinite non allergique et 3,53 (IC : 2,11-5,91) pour la rhinite allergique. Par rapport aux autres sensibilisations allergéniques, la rhinite allergique avec sensibilisation aux acariens apparaissait comme particulièrement associée à un risque d’asthme (RR : 2,79 ; IC : 1,57- 4,96). En revanche, il n’y avait pas d’association significative entre l’atopie et la survenue de l’asthme. Ainsi, les auteurs concluent que cette étude fournit une preuve forte de l’augmentation du risque d’asthme chez les patients souffrant de rhinite allergique et à un degré moindre de rhinite non allergique… qu’il convient donc de prendre en charge précocement.

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