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Otologie

Publié le 18 avr 2024Lecture 6 min

La rééducation vestibulaire pour qui, quand, comment ?

Frédéric GABANOU, ORL, Seclin

Le travail réalisé sous l’égide de la Société française d’ORL concernant la prise en charge des vertiges d’origine vestibulaire (16 août 2023) est présenté comme référence. Il est de fait repris in extenso.

CONCERNANT LE FAUTEUIL ROTATOIRE   Il est recommandé de réaliser le travail au fauteuil rotatoire pour les patients présentant un déficit vestibulaire unilatéral aigu (grade B) et ceux présentant un déficit vestibulaire unilatéral chronique mal compensé (grade C), la rotation du fauteuil se faisant du côté du déficit vestibulaire (grade C). Il est recommandé de réaliser une prise en charge en rééducation vestibulaire, la plus précoce possible chez les patients souffrant d’une hypofonction vestibulaire unilatérale aiguë (grade B). La rééducation vestibulaire au fauteuil rotatoire des patients souffrant d’un syndrome pressionnel a été proposée dans le cadre d’équipes spécialisées en dehors de la période critique de la pathologie, mais la littérature est actuellement trop insuffisante pour recommander cette indication (accord professionnel).   CONCERNANT LA RÉÉDUCATION OPTO-CINÉTIQUE   La stimulation opto-cinétique est indiquée dans la prise en charge des déficits vestibulaires et des sensations vertigineuses visuellement induites (grade B).   CONCERNANT LA RÉÉDUCATION VESTIBULE-OCULAIRE   Les exercices de stabilisation du regard sont recommandés chez les patients présentant un déficit du réflexe vestibulo oculaire ou de l’acuité visuelle dynamique (grade B). Une prise en charge précoce est recommandée pour les patients souffrant de déficit vestibulaire aigu (grade B). Les mouvements oculaires de poursuite ou de saccades, pratiqués de façon isolée sans mouvement de tête, ne sont pas recommandés en rééducation vestibulaire (grade B).   CONCERNANT LA RÉALITÉ VIRTUELLE   Il n’est pas recommandé d’utiliser la réalité virtuelle a usage thérapeutique pour des patients n’ayant pas bénéficié d’un bilan vestibulaire préalable (accord professionnel). L’utilisation de la réalité virtuelle doit respecter les capacités neurosensorielles du patient traité (accord professionnel). La réalité virtuelle a usage thérapeutique peut être proposée en complément de la rééducation vestibulaire conventionnelle (grade B). La rééducation par réalité virtuelle n’est pas supérieure a la rééducation vestibulaire conventionnelle (grade B). La rééducation par réalité virtuelle est contre-indiquée pour les sujets présentant une épilepsie photosensible (grade B) ou un cybermalaise durable (accord professionnel). La rééducation orthoptique est indiquée si et seulement si le patient présente un trouble oculomoteur et que la symptomatologie disparaît à l’occlusion oculaire. Chez l’enfant, il ne faut pas utiliser de rééducation opto-cinétique ni de réalité virtuelle. Il faut insister sur la nécessité du suivi et de la réévaluation par VNS. Le VHIT présente un intérêt dans le suivi d’une rééducation.   DANS LE CADRE DE LA NÉVRITE VESTIBULAIRE   Il est recommandé de traiter la névrite vestibulaire par une rééducation vestibulaire qui doit être la plus précoce possible (grade A). Il est recommandé de privilégier les processus d’adaptation sur les processus d’habituation en utilisant un protocole propre à chaque patient dans une approche globale, en évitant de réaliser des exercices de stabilisation du regard sans mouvements de la tête (grade B).   DANS LE CADRE DES VERTIGES POSITIONNELS   Il est recommandé d’utiliser un dispositif de vidéonystagmoscopie lors de l’examen clinique du patient (accord professionnel) et d’appliquer les critères internationaux de la Barany pour diagnostiquer le VPPB (grade A). Il est recommandé lors de l’examen, d’identifier les éventuels drapeaux rouges nécessitant un avis spécialisé et contre-indiquant les manœuvres thérapeutiques (accord professionnel). Le traitement d’un VPPBpost repose sur la manœuvre thérapeutique de repositionnement des otolithes d’Epley ou la manœuvre libératrice de Sémont et coll. (grade A). Le traitement d’un VPPBhor de forme géotropique repose sur les manœuvres de Gufoni, de position prolongée du côté sain ou de rotation barbecue de Lempert (grade B). Il n’y a pas de consensus pour le traitement d’un VPPBhor de forme agéotropique ouVPPBant (accord professionnel). En cas de nystagmus positionnel horizontal agéotropique lors des rotations de la tête en décubitus dorsal (compatible avec un VPPBhor agéotropique) ou de nystagmus essentiellement vertical inférieur lors des manœuvres de Dix Hallpike, il faut être plus vigilant quant à une origine neurologique centrale (accord professionnel). Il n’est pas recommandé de réaliser plusieurs manœuvres thérapeutiques au cours de la même séance (accord professionnel). Au cours des manœuvres thérapeutiques, il est important de sécuriser le patient, car une chute brutale, avec ou sans vertige, peut survenir lors du traitement. Il est prudent de garder le patient en position assise pendant les quelques minutes qui suivent (accord professionnel). Dans le cadre des étourdissements posturaux perceptifs persistants PPPD, une prise en charge pluridisciplinaire notamment pharmacologique afin de traiter le trouble anxieux. Il est recommandé d’inclure la rééducation vestibulaire dans la prise en charge des patients souffrant de Persistent Perceptual Dizziness, associée a une prise en charge de la composante psychique, souvent anxieuse (grade A), et une prise en charge pharmacologique. Le travail rééducatif devra être en permanence ajusté compte tenu de l’hypersensibilité de ces patients afin d’éviter l’accentuation des symptômes (accord professionnel). Dans le cadre de la maladie Ménière, celle-ci est possible lorsque le patient est stabilisé. On entend par patient stabilisé, un patient n’ayant plus de crise vertigineuse rotatoire, mais une sensation persistante d’altération de son équilibre (accord professionnel). Le délai permettant de définir cet état reste à définir plus précisément même si une durée de 3 mois est retrouvée dans la littérature. Il n’est pas recommandé de réaliser des séances de rééducation de l’équilibre chez des patients non stabilisés ou en période critique (accord professionnel). Il est recommandé de réaliser des séances de rééducation chez les patients atteints de maladie de Ménière présentant des troubles de l’équilibre ou des sensations vertigineuses chronique entre les crises (grade B). Il est recommandé de réaliser des séances de rééducation vestibulaire chez des patients présentant un déficit vestibulaire spontané et non compensé, d’installation progressive ou provoqué par un traitement chirurgical ou par des injections de gentamicine (accord professionnel). Il est recommandé d’adapter le type de rééducation vestibulaire a la plainte clinique du patient, et a l’altération du bilan vestibulaire objectif, ceci demandant l’intervention d’un thérapeute pour adapter correctement la rééducation (accord professionnel). Il est recommandé de proposer aux patients ayant une maladie de Ménière et souffrant de VPPB intercritiques une rééducation vestibulaire (grade B). Il est recommandé de conseiller aux patients gardant une gène type instabilité de réaliser des activités physiques sollicitant la fonction d’équilibration (accord professionnel). Cependant, en cas d’atteinte vestibulaire intercritique avec impression rotatoire, l’auto-rééducation vestibulaire n’est pas recommandée. Il est préférable que la rééducation soit guidée par un spécialiste (accord professionnel).   DANS LE CADRE DES CINÉTOSES (MAL DES TRANSPORTS, MAL DU DÉBARQUEMENT, SYNDROME DE L’AUTOROUTE)   Il est recommandé de prescrire la rééducation vestibulaire chez des patients présentant un mal des transports invalidant(grade B). Pour le mal des transports, le kinésithérapeute proposera un travail sur fauteuil de 72°/s avec des mouvements de tête, une stimulation optocinétique de 45 à 120°/s pour induire une habituation. Pour le syndrome de l’autoroute qui est un problème de conflit visuel une stimulation optocinétique est faite, peuvent être utilisé le flux optique projeté, la réalité virtuelle, la psychothérapie cognitive comportementale. Pour le mal du débarquement sont utilisées la réalité virtuelle, la marche avec mouvements de tête, l’utilisation de stimulations optocinétiques lentes (30°/s sur sol instable). D’après les communications de Vincent Darrouzet, Philippe Bordure, Mahmoud Moradkhani et Christian Scache, OTOFORUM 2023

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