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Pneumologie

Publié le 06 avr 2022Lecture 2 min

Une guerre en remplace une autre...

Colas TCHÉRAKIAN, Hôpital Foch, Suresnes

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Les journalistes sont heureux. Alors que la guerre (plutôt la 5e bataille) contre le SARS-CoV-2 touchait à sa fin, voilà une nouvelle guerre qui la remplace. Les généraux ont remplacé les médecins sur les plateaux de télévision. Le vocable reste le même : résistance et morts. Cela devrait permettre de garder le public dans l’angoisse, l’angoisse augmente la consommation de médias, c’est bon pour le business. Finalement le public s’est empressé d’oublier ces deux années de guerre contre la Covid. L’angoisse initiale, entretenue par les médias, a laissé la place au ras-le-bol. Ras-le-bol du passe et des masques. Les gens veulent retrouver leur train-train, je ne les en blâme pas. La chute des masques est un pas de plus vers l’oubli. Le bilan de santé après 2 ans de guerre n’intéresse personne. Pas de décoration pour les soldats tombés au combat. Une maigre prime pour les infirmières, bien loin de la reconnaissance qu’elles attendaient. Télérama faisait sa couverture avec « Qui prendra soins des infirmières ? » À l’heure où 180 000 infirmiers n’exercent plus et que la durée d’exercice n’excède pas 5 ans, les étudiants infirmiers s’inquiètent. La FNESI (Fédération nationale des étudiantes en sciences infirmières) a lancé une enquête pour faire le point. Ces jeunes ont du pain sur la planche... 20 % de postes vacants à l’hôpital ; 1 400 postes à pourvoir rien que pour l’AP-HP. Une tension que les hospitaliers sentent au quotidien pour arriver à maintenir les lits ouverts. Nous sommes obligés d’adapter nos pratiques à la pénurie de lits et jongler avec des patients en ambulatoire que nous ne pouvons hospitaliser, augmentant d’autant notre charge quotidienne. Après les infirmiers... les médecins quitteront-ils l’hôpital ? Ça a déjà commencé par endroits semble-t-il... L’arrivée des élections permettra-t-elle de faire avancer les choses ? Au risque de paraître cynique, la nouvelle guerre détourne l’attention de la précédente et il risque de ne nous rester que notre bonne volonté pour faire tourner le système. La note positive c’est que la bonne volonté et le don de soi semblent, d’après les premiers retours, toujours là chez nos étudiants infirmiers. Ça tombe bien, on les attend avec impatience !

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