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COVID-19

05 oct 2020

Ça s’en va et ça revient…

Colas TCHÉRAKIAN, Hôpital Foch, Suresnes

Ça y est, c’est officiel, il revient... Le SARS-CoV-2 est de retour. On s’en croyait débarrassé, jusqu’à l’automne au moins. Il était passé de l’autre côté de l’Atlantique où il enchaînait les vagues d’épidémies meurtrières. Au total, 26 millions de cas dans le monde et « seulement » 350 000 en France : merci le confinement. Mais le confinement a eu un prix économique et l’envisager de nouveau paraît difficile.

Il est revenu plus vite que prévu ce SARS-CoV-2, certes pour l’instant doucement. Et d’aucun de rajouter qu’il n’y a inalement que peu d’hospitalisations. Alors on dort sur nos deux oreilles ? Ce peu d’hospitalisations est clairement à mettre sur le compte de la population dans laquelle le virus circule actuellement : les « jeunes ». ça ne va sûrement pas durer ! Il est peu probable que le taux d’hospitalisations, encore faible, soit en lien avec des mutations du virus qui le rendrait moins pathogène, bien que cette hypothèse ait été proposée. Son R0 au pic de l’épidémie était à 3 (trois personnes contaminées par porteur du virus). Le confinement avait effondré le R0 sous la barre de 1, cassant l’épidémie. La question est : avec les mesures de protection actuelles (masque pour tout le monde et gel hydroalcoolique) cela suffira-t-il à enrayer ce R0 ? L’été a favorisé le contact dans cette population jeune chez qui on peut imaginer que le SARS-CoV2 se soit comporté comme une « IST », vu le peu de mesures barrières dans cette population à cette période. On a du mal à les faire se couvrir en bas, il était peu probable qu’ils se couvrent en haut… Mais voilà, c’est la fin des vacances... les jeunes rentrent à la maison. Et l’on voit maintenant leurs parents arriver et eux… ils sont plus fréquemment hospitalisés ! D’ailleurs, nos services de médecine et de réanimation se re-remplissent doucement. Avec la problématique de faire cohabiter cette fois l’activité traditionnelle et la prise en charge des patients avec une Covid-19. Décidément, ce virus nous surprend. On attendait une hécatombe chez les patients porteurs d’une maladie respiratoire chronique, en particulier les asthmatiques : tel ne fut pas le cas, au contraire. On désignait les enfants comme les vecteurs de prédilection de l’infection : tel n’est pas non plus le cas. N’endormons pas notre vigilance et continuons de promouvoir les conseils de santé publique démontrés à nos patients et à notre entourage : le masque ça marche et la désinfection des mains aussi. Et ceux qui disent que ça ne sert à rien ou que ça contrarie leur liberté individuelle… Même combat qu’à l’époque de la ceinture de sécurité obligatoire : la mettre ce n’est pas perdre de la liberté, c’est gagner en responsabilité : celui de ne pas être un coût, évitable, quand on sera en réanimation à prendre la place d’un autre et à peser sur l’économie d’une société déjà affaiblie par une première vague. Il n’y a pas que le virus qui nous surprend, notre contemporain aussi : il veut des masques quand il n’y en a pas et n’en veut plus quand il y en a. Gageons que ce sera la même chose une fois le vaccin disponible ! D’ici là, sortons masqués.

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