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COVID-19

Publié le 20 sep 2023Lecture 4 min

La rentrée sera vaccinale

Colas TCHÉRAKIAN, Hôpital Foch, Suresnes

Pour cette rentrée, je vous propose un édito pragmatique. Faut-il revacciner contre le Covid ? Peut-on combiner Covid et grippe ? Et quid du vaccin anti-VRS ? Avant de discuter vaccins, commençons par les mesures de protection non spécifiques. Le masque, on dit de le porter ou pas ? Certains groupes en bénéficient toujours en période d’épidémie de virus respiratoire (pas seulement Covid). On peut donc dire :
– OUI pour les immunodéprimés ;
– OUI pour les patients à risque (plus de 65 ans avec maladies respiratoires et/ou cardiaques) car cela écrête les épidémies et évitent la saturation des ressources.
Où ? dans les transports en commun et la salle d’attente médicale (surtout en période d’épidémie ou la moitié de la salle d’attente vient avec un virus !).

Alors, Covid : on revaccine ? Qui ? Quand ? Avec quoi ? Où ? Qui ? Si en pratique les hospitalisations sont devenues rares, elles n’ont pas disparu. On garde en tête nos populations très à risque par les traitements (immunodéprimées, corticoïdes oraux, rituximab, immunosuppresseurs), les maladies (fibrose pulmonaire, HTAP, BPCO) et l’âge (> 65 ans une fois par an à l’automne, plus de 80 ans deux fois par an). Quand ? À partir du 15 octobre, idéalement en combinaison avec le vaccin antigrippal. Les vaccins intégrant les dernières souches ont montré un bénéfice sur le taux d’hospitalisations par rapport aux vaccinations intégrant la souche originale(1). Avec quoi ? Pour l’instant, ce sont encore les vaccins ARNm qui sont recommandés en première intention. Ils seront combinés à la grippe et contiendront les nouveaux variants. Les vaccins protéiques de Novavax et Sanofi étant positionnés en deuxième intention. Où ? Drôle de question ma foi, dans le bras ! Oui, mais le même bras pour le même vaccin, à chaque fois. Il faut toujours le même bras pour la grippe et l’autre pour le SARS-CoV-2. Cela améliore la réponse immunitaire.   Les vaccins combinés ou simultanés, c’est efficace ? Est-ce qu’on doit (peut) en faire deux en même temps ? Les études montrent qu’un vaccin non fait le jour même est une vaccination ratée. D’où la règle : on vaccine, qu’il y ait un rhume, de la fièvre, sous antibiotique, pendant une exacerbation (oui vous pouvez profiter de la consultation pour prescrire la vaccination et la faire immédiatement). La prise de corticoïdes en cure courte peut faire décaler la vaccination si et seulement si vous êtes sûr de pouvoir vacciner le patient dans les temps. Les études d’association vaccinale pneumocoque-grippe sont connues des pneumologues et valident cette stratégie. Nous étions en revanche en attente des études de la co-vaccination grippe + Covid de l’automne 2022. Les résultats sont là. Il faut retenir que la réponse anticorps reste bonne et surtout que la protection clinique est aussi efficace que la vaccination séquentielle. Et la tolérance me direz-vous ? Eh bien, de façon contre-intuitive elle est identique à la vaccination par l’un ou par l’autre séparément. Comme vous le proposez en une fois, ça fait finalement deux fois moins d’effets secondaires !   Et si on a raté la vaccination Covid et qu’on est infecté avec des facteurs de risque ? Paxlovid® : ça marche bien si administré précocement, juste un coup d’œil aux interactions médicamenteuses. L’analyse des interactions est disponible ici : https://sfpt-fr.org/recospaxlovid, il suffit de taper le nom du médicament dans le tableau pour savoir comment gérer l’interaction. En cas de critères de gravité (oxygénodépendance) et selon la situation nous aurons encore le remdisivir (antiviral) et les perfusions de plasma de convalescents. Vous avez noté en passant qu’on ne recommande plus d’isoler les gens infectés, mais qu’on leur recommande d’éviter le contact avec les personnes fragiles...   Covid long et vaccination C’est bien la vaccination qui protège contre la survenue de symptômes persistants après infection Covid. Les personnes non vaccinées ayant contracté Omicron ont présenté une fréquence de Covid long identique à celle observée avec les souches originelles, avant la vaccination. Ce n’est donc pas une question de souche, mais de vaccin.   Dernier point vaccination de cet édito : quid de la vaccination VRS ? Nous avons été frappés l’hiver dernier par une vague d’infection VRS très sévère chez l’adulte. Lors de la poussée épidémique de l’hiver dernier ce n’est pas moins de 243 patients adultes hospitalisés testés positifs à l’hôpital Foch. Les plus atteints sont nos asthmatiques et BPCO. Le VRS, c’est vraiment le mauvais virus pour les bronches. Jusqu’ici, on n’en parlait que peu chez l’adulte, en absence de traitement préventif et curatif. On sait pourtant que le VRS conduit à autant d’hospitalisations et de décès que la grippe chaque hiver, mais en plus il laisse des séquelles respiratoires plus importantes. Or, voilà que nous avons un vaccin disponible. Il est efficace à 94 % contre les infections respiratoires basses sévères (probablement pour 2 à 3 ans). Sachant qu’il ne sera pas remboursé au moment idéal de son injection (mi-octobre) et qu’il coûte environ 200 € : allez-vous le proposer à vos patients ?

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