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COVID-19

Publié le 24 avr 2020Lecture 2 min

Récepteurs ACE2 : un facteur de risque de COVID-19 chez le fumeur ?

La rédaction

Le SARS-CoV-2 utilise les récepteurs ACE2 (enzyme de conversion de l’angiotensine 2) comme porte d’entrée cellulaire dans l’arbre respiratoire. Le tabagisme et la BPCO ayant été décrits comme des facteurs de risque de développer une forme grave de COVID-19, une équipe de Vancouver a voulu savoir si ce sur-risque pouvait être lié à une expression augmentée de l’ACE2 dans l’épithélium des bronches distales de ces patients.

Les prélèvements cytologiques obtenus par brossages bronchiques (B6 à B8) chez 41 patients (21 avec BPCO et 21 sans BPCO) se présentant pour une fibroscopie ont été analysés par RNAseq, une technique de séquençage à haut débit permettant de caractériser le transcriptome. Le diagnostic de BPCO était étayé par les résultats de la spirométrie et la présence d’emphysème au scanner thoracique. L’examen a porté sur des zones n’étant pas affectées par une atteinte pulmonaire sous-jacente autre que la BPCO. Les données ont été validées au regard de celles de même nature, mais étudiées par puces à ADN, issues de la Cornell cohort (n = 21) et de la British Columbia Cancer Agency cohort (n = 238). Les résultats ajustés pour l’âge et le sexe montrent que l’expression ACE2 est inversement corrélée au VEMS et donc à la fonction pulmonaire (r = -0,24 ; p = 0,035). L’expression ACE2 était supérieure de 48 % chez les patients avec BPCO comparés à ceux sans (p = 7,62 x 10-4). Les fumeurs avaient également une augmentation significative de l’expression ACE2 comparés aux non-fumeurs (p = 0,024). Ces résultats ont été confirmés dans les deux autres cohortes. Selon les auteurs, cette expression accrue de l’ACE2 dans les bronches distales peut expliquer le risque de COVID-19 grave chez les patients BPCO et les fumeurs. Toutefois de nombreuses limites de ce travail sont à prendre en compte : il s’agit d’une étude transversale qui n’a pu déterminer si les corticoïdes inhalés et les bronchodilatateurs ont un effet de modulation des ACE2 ; on connaît d’autres facteurs de risque du COVID-19 et celui qui est précisément attribuable à la cigarette ou la BPCO reste incertain ; les récepteurs ACE2 sont largement présents dans l’organisme, le SARS-CoV-2 dispose donc potentiellement d’autres portes d’entrée qui n’ont pas été évaluées ; enfin, les voies aériennes supérieures n’ont pas été prises en compte dans ce travail. G. L. Leung JM et al. ACE-2 expression in the small airway epithelia of smokers and COPD patients: implication for COVID-19. Eur Respir J 2020 ; 55(4), doi: 10.1183/13993003.00688-2020. Avec le soutien institutionnel du laboratoire 

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