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COVID-19

24 avr 2020

La pollution de l’air, un facteur péjoratif dans l’infection à SARS-CoV-2 ?

La rédaction

On trouve dans la littérature d’avant COVID-19 des données indiquant que la pollution atmosphérique constitue un facteur de risque d’infection respiratoire. Dans le contexte actuel, il n’est donc pas étonnant que certains se soient intéressés à son impact sur la survenue de l’infection à SARS-CoV-2.

Une équipe chinoise a planché sur ce sujet à travers une étude menée dans 120 villes qui regroupaient 70 % des cas confirmés dans le pays(1). Elle a confronté les données de qualité de l’air et le nombre de nouveaux cas de la maladie répertoriés du 23 janvier au 29 février dernier. Les polluants mesurés étaient les particules en suspension PM10 et PM2,5, les dioxydes de soufre (SO2) et d’azote (NO2), le monoxyde de carbone et l’ozone. Les données météorologiques durant la période de l’étude ont également été prises en compte (température moyenne quotidienne, humidité relative, pression atmosphérique, vitesse du vent). L’étude montre une relation significative entre le niveau de pollution de l’air dans les deux semaines précédentes et les nouveaux cas de COVID-19 après analyse des facteurs confondants. Cette association est positive pour tous les polluants étudiés, à l’exception du SO2. L’exposition à court terme à ce dernier était associée à une diminution des nouveaux cas. Selon les auteurs, cet effet pourrait s’expliquer en partie par les propriétés virucides du SO2. Pour les autres polluants, une augmentation de 10 μg/m3 s’est accompagnée d’une augmentation du nombre de cas confirmés par jour de 1,76 % à 6,94 % selon leur type. Cette étude a évidemment des limites. Elle ne s’est intéressée qu’à la relation entre la pollution et les cas confirmés et non à un éventuel lien de causalité, n’a pas inclus les caractéristiques d’âge et de sexe des patients, et ses résultats ne sont pas en l’état extrapolables à d’autres pays. Par ailleurs, l’exposition à long terme au NO2 pourrait être un facteur contributif important de la létalité de cette infection. C’est ce qui ressort de l’analyse combinée des données satellitaires Sentinel-5P* et du nombre de décès par COVID-19 dans 66 régions d’Italie, de France, d’Espagne et d’Allemagne (n = 4 443 à la date du 19 mars)(2). Plus de trois quarts des décès répertoriés (78 %) ont été observés dans cinq régions du Nord de l’Italie et du centre de l’Espagne, qui sont aussi celles dans lesquelles les concentrations de NO2 sont les plus élevées (177,1 et 293,7 μmol/m2) avec un flux d’air descendant qui empêche une dispersion efficace des polluants. Quels qu’ils soient, les mécanismes sous-jacents aux effets de la pollution atmosphérique sur l’infection à SARS-CoV-2 devront être élucidés. C. F. 20 avril *Le satellite Sentinel-5P, du programme Copernicus de la Commission européenne, cartographie la pollution atmosphérique en Europe. Références 1. Zhu Y et al. Association between short-term exposure to air pollution and COVID-19 infection: evidence from China. Science of the Total Environment 2020 ; 727. https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.138704 2. Ogen Y. Assessing nitrogen dioxide (NO2) levels as a contributing factor to coronavirus (COVID-19) fatality. Science of the Total Environment 2020 ; vol. 72615. https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.138605 Avec le soutien institutionnel du laboratoire 

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