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CONGRÈS

08 fév 2021

Allergies professionnelles cutanées : la batterie standard européenne

Catherine FABER, Paris

Les modifications des facteurs environnementaux imposent des modifications régulières de la batterie standard européenne (BSE). Sa dernière mise à jour a été publiée l'année dernière. Pour mémoire, le critère d’inclusion d’un allergène dans la BSE est un taux de tests positifs supérieur à 1 %.

Des allergènes enlevés, d'autres ajoutés Deux allergènes ont été supprimés en raison d’un trop faible taux de positivité des tests et d’un manque de pertinence. Le premier est la primine et le second, le clioquinol. Ce dernier n’est plus utilisé dans les topiques dans la majorité des pays européens. En revanche, la BSE s’est enrichie de trois autres allergènes d’intérêt en pathologie professionnelle. L’ajout du 2-HEMA (méthacrylate de 2-hydroxyéthyle) est justifié par l’augmentation massive de l’exposition en onglerie tant au niveau professionnel qu’à domicile (ongles artificiels, vernis permanent). Ses performances pour la détection des sensibilisations aux acrylates sont beaucoup moins bonnes que pour celles aux méthacrylates. Par conséquent, il faut garder la batterie acrylates dans le cadre des dermatites de contact professionnelles. Mais il est très intéressant en pratique de ville. L’introduction de la propolis a été jugée utile face à la popularité croissante des produits topiques « naturels » et malgré quelques réactions croisées par exemple à Myroxylon pereirae. Le cain mix III est le troisième des allergènes nouveaux entrants dans la BSE. La batterie optionnelle Des données supplémentaires sont attendues pour décider d’inclure ou d’exclure d’autres allergènes dans la prochaine version de la BSE attendue en 2021. C’est le cas du sodium métabisulfite dont la pertinence n’est pas encore suffisamment établie pour qu’il soit intégré à cette batterie. Il en est de même pour certains libérateurs de formaldéhyde à savoir l’imidazoline urea, le diazonidinyl urea et le 2- bromo-2-nitropropane-1,3-diol. Au sein de ces types de conservateurs utilisés de plus en plus fréquemment dans les produits cosmétiques et les détergents, un doute existe quant à l’apport réel de deux allergènes qui avaient été introduits dans la BSE en 2014 : le formaldéhyde et le quaternium 15. Un autre allergène optionnel intéressant en pathologie professionnelle, le compositae mix II, n’a pas été mis dans la BSE compte tenu de l’existence d’un risque de sensibilisation active surtout avec le 5 % mix. Il doit donc être testé à 2,5 %. Des cas pratiques d’eczéma chez des professionnels du secteur agricole, dans lesquels les tests aux lactones sesquiterpéniques étaient négatifs, ont pu être solutionnés grâce à la positivité des tests aux compositae mix. Il faut toutefois souligner que les tests aux lactones sesquiterpéniques de la BSE ne détectent pas les allergies au parthénolide. Dans le domaine des fragrances, le linalool hydroperoxyde (HO) et le limonème HO entraînent de fréquentes réactions d’irritation. D’où l’importance de tester deux dilutions (1 % et 0,5 % pour le premier et 0,2 % et 0,3 % pour le second). Leur pertinence clinique dans les allergies de contact doit être mieux documentée. Enfin, le décylglucoside 5 % et le laurylglucoside 3 %, présents dans de nombreux produits cosmétiques, ainsi que le benzisothiazolinone 0,1 % et l’octylisothiazolinone 0,1 %, largement utilisés comme conservateurs, restent pour l’instant dans la batterie optionnelle. D’après la communication de M.-N. Crépy (hôpital Hôtel-Dieu et Cochin-Tarnier, Paris), CFA 2019

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