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COVID-19

31 mar 2020

COVID-19 : l’asthme, un facteur de risque de formes graves ?

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Le SARS-CoV-2, coronavirus responsable de la maladie COVID-19, n’épargne personne. Des formes graves avec un syndrome respiratoire aigu ont été décrites chez des patients ayant des comorbidités. Parmi les maladies pulmonaires chroniques, l’asthme est-il un facteur de risque de ces formes graves ?

Selon les données disponibles à ce jour, les patients asthmatiques ne semblent pas surreprésentés dans les cas graves de COVID-19. Dans une étude chinoise sur un faible échantillon de 140 patients(1), aucun cas d’asthme ou d’autres maladies allergiques n’avait été mis en évidence chez des patients ayant fait une forme grave. Ce qui semble confirmé par une métanalyse des articles publiés début 2020(2) qui conclut : « Des maladies cardiovasculaires, digestives et endocriniennes ont été fréquemment signalées, à l'exception de maladies pulmonaires chroniques antérieures (par exemple BPCO ou asthme) qui étaient étonnamment sous-déclarées ». Mais depuis quelques jours, il semblerait que les données issues de Chine soient tronquées et que le nombre de cas ait été sous-estimé. Prudence donc ! Nous ne disposons pas de données spécifiques concernant les exacerbations d’asthme et plus particulièrement les exacerbations graves, en relation directe avec cette infection. Le groupe de travail Asthme et Allergies de la SPLF a publié le 21 mars une prise de position sur la prise en charge des asthmatiques pendant l’épidémie de COVID-19(3). Ce groupe rappelle quelques données de base : • La majorité des exacerbations sont liées à des infections virales hors situation d’absence de traitement antiinflammatoire. D’un point de vue théorique, il n’est pas exclu que l’infection par SARS-CoV-2 puisse être responsable d’une exacerbation d’asthme. • Le traitement par corticoïdes inhalés, voire les biothérapies, permettent de réduire les exacerbations virales. Les points clefs des recommandations sont : • Tous les traitements de fond de l’asthme doivent être maintenus (corticoïdes inhalés, éventuellement associé à d’autres molécules (LABA, LAMA, montélukast, biothérapies commercialisées, corticothérapie orale à dose minimale efficace...). • Il n’y a pas de raison de différer le début d’une biothérapie si elle est indiquée en cas de mauvais contrôle de l’asthme. À débuter après une exacerbation. • En cas d’exacerbation d’asthme fébrile, même avec suspicion d’infection par SARS-CoV-2, il ne faut pas retarder l’administration des corticoïdes systémiques à la posologie habituelle et pendant la durée (5 jours) même si cas confirmé de COVID-19. • Attention aux nébulisations ! L’utilisation des nébulisations peut augmenter la dissémination du virus. Elles nécessitent des précautions renforcées pour les soignants et pour l’entourage. Le message clef pour tous les patients est : les médicaments de l’asthme ne doivent pas être arrêtés. Ils doivent être poursuivis à dose efficace, quelle que soit la sévérité́ de l’asthme, pour qu’il soit contrôlé durant cette pandémie à COVID-19. Et bien entendu les patients doivent être vigilants et respecter le confinement et bien appliquer les gestes barrières s’ils sont amenés à sortir. Note : Sur ce sujet voir également notre entretien avec le Dr Colas Tchérakian. O. C. Avec le soutien institutionnel du laboratoire 

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