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Allergologie

Publié le 04 juil 2022Lecture 2 min

C’est l’été : pollution et pollens mettent les allergies en fête

Colas TCHÉRAKIAN, Service de pneumologie, hôpital Foch, Suresnes ,

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Notre mode de vie occidental nous a permis, année après année, génération après génération, de devenir de plus en plus allergique. Car l’allergie, c’est la rencontre d’un environnement qui va moduler une prédisposition génétique. Et l’environnement, il n’est pas terrible. La faute à qui ? À nos parents qui nous ont trop bien logés, trop bien chauffés, trop nourris et intoxiqués des fumées du progrès. Effectivement, nos logements bien hermétiques concentrent les composés organiques volatils que nous adorons (bougies parfumées, sprays désodorisants et assainissants, désinfectants en tout genre…). Trop chauffés, ils favorisent la pullulation des acariens. Trop nourris, mais mal nourris avec une nourriture industrialisée, trop loin du régime méditerranéen si bénéfique pour l’équilibre du système immunitaire. Et la pollution : le tabac fait mauvais ménage avec l’asthme, c’est connu. Mais la pollution des villes est un facteur favorisant et aggravant dans les maladies allergiques. Cela témoigne de la synergie entre polluants, à l’image du pollen de bouleau transformé au contact de la pollution automobile, qui devient plus allergisant. On observe ici l’effet « éponge » des grains de pollen de Phleum pratense, qui sont recouverts de particules polluantes. Nous avons tous noté cette anticipation des maladies allergiques en pratique quotidienne, qui surviennent plus tôt que chez les ascendants et qui sont plus sévères de génération en génération. Il n’est pas rare de voir l’enfant avant la mère puis finalement quelques années plus tard, la grand-mère arriver en consultation. Cette grand-mère élevée au lait cru, dans une ferme mal chauffée avec des animaux a, elle, bien régulé son système immunitaire. Elle a résisté plus longtemps que ses enfants et petits-enfants avant de devenir allergique à son tour. L’interrogatoire de l’atopie est l’interrogatoire qu’il faut savoir faire dans tous les sens générationnels. Et l’avenir : il n’est pas rose, car nous avons transmis à notre tour des marques épigénétiques immunitaires à nos enfants qui les transmettront aux leurs. Même si ces derniers corrigent le tir, il faudra plusieurs générations pour se défaire de ces marques épigénétiques. Au train où vont les choses, l’OMS vise plutôt une personne sur deux allergique en 2050 et il n’est pas exclu que nos enfants sortent dans la rue avec un scaphandre. En tout cas ce n’est pas de la science-fiction, puisque certains commercialisent déjà un casque de protection contre la pollution !

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