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CONGRÈS

Publié le 10 déc 2021Lecture 6 min

CFA 2021 : 9 morceaux choisis

Habib CHABANE, Paris

Au cours d’une session modérée par C. Sauvage-Delebarre (Lille) et G. Bouchaud (Nantes), 9 communications orales sélectionnées ont été présentées.

• L’adhésion au régime méditerranéen et son impact sur la fonction respiratoire, sur la sensibilisation et sur les allergies à l’âge de 8 ans chez les enfants de la cohorte PARIS a été présentée par H. Amazouz (Paris). Cette étude a inclus 968 enfants, dont 9 % avaient une forte adhésion au régime méditerranéen. L’étude a conclu à une prévalence d’asthme significativement plus faible à l’âge de 8 ans dans le groupe forte adhésion au régime comparé aux groupes ayant une adhésion faible à modérée (p = 0,05), une meilleure fonction respiratoire (p = 0,04) et une sensibilisation plus faible aux allergènes (p = 0,04). Le rôle des antioxydants dans le régime méditerranéen a été évoqué pour expliquer ces résultats. • L’allergie alimentaire du sujet âgé : un phénomène trop souvent négligé selon H. El Hanache (Nantes). Après avoir rappelé les particularités cliniques du sujet âgé, il a présenté les résultats d’une étude rétrospective (1995- 2020) portant sur 73 patients souffrant d’allergie alimentaire dont 21 sont apparues après l’âge de 60 ans. Le sexe masculin apparaît comme un facteur de risque de développer une allergie alimentaire tardive (p = 0,035). Dans cette cohorte, 42 % des patients avaient présenté une réaction de grade III (Ring et Mesmer) et 52 % ont récidivé au moins une fois. Le rôle des cofacteurs est très important dans certaines allergies du sujet âgé. • L’efficacité et la tolérance en vie réelle d’un protocole d’immunothérapie orale (ITO) au lait de vache associé à l’omalizumab chez des enfants allergiques sévères ont été présentées par A. Valeille (Lyon). L’ITO au lait de vache a été initiée 16 semaines après le début du traitement par omalizumab chez 9 enfants (âge moyen 13 ans) après échec d’ITO classique. La dose atteinte allait de 20 à 365 ml de lait de vache, sauf pour deux enfants (1 et 8 ml). Pendant l’ITO, il y a eu 11 réactions à l’hôpital (grades 1 et 2) et 12 au domicile, dont 3 réactions de grade 3. Huit enfants et leurs parents sur les neuf inclus étaient satisfaits du traitement et 7/9 ne le trouvaient pas contraignant. • Les protéines régulées par la gibbérelline décrites à partir de 2013 au cours de l’allergie cyprès-pêche (Pru p 7) comptent maintenant une dizaine d’allergènes impliquée dans des allergies croisées pollens-aliments. Le travail présenté par C. Klingebiel (Marseille) a porté sur 386 patients (âge médian 19 ans) avec une suspicion d’allergie aux fruits. L’allergie concernait la pêche chez 198 patients (51 %), d’autres fruits chez 204 patients (53 %) et 92 patients (24 %) réagissaient à plus de 3 fruits de familles différentes. Parmi les 204 patients réagissant à d’autres fruits que la pêche, 116 (63 %) étaient sensibilisés à Pru p 7. La monosensibilisation à Pru p 7 était de 86 % chez les allergiques à la figue et 42 % pour l’allergie à la tomate. Tous les patients sensibilisés à Pru p 7 sont sensibilisés au pollen de cyprès. • La prévalence des allergies alimentaires (AA) en France selon les données de la cohorte prospective ELFE a été présentée par S. Tamazouzt (Nancy). Sur les 18 329 enfants inclus en 2011, 15 798 ont été analysés entre la naissance et l’âge de 5,5 ans. La prévalence de l’allergie alimentaire était de 6,09 % (IC : 5,63- 6,55). Les AA les plus fréquentes sont le lait de vache (3,4 %), l’œuf (0,87 %), l’arachide (0,87 %), les fruits exotiques (0,56 %), les fruits à coque (0,50 %), le gluten (0,35 %) et le poisson (0,27 %). Parmi les enfants souffrant d’AA, 20,5 % étaient allergiques à 3 aliments ou plus. La proportion des poly-allergiques atteint 59 % chez les allergiques à l’arachide. • Les enfants sous tacrolimus après transplantation hépatique (TH) sont susceptibles de développer une AA IgE-dépendante. T. Guiddir (Paris) a présenté les résultats d’une étude prospective portant sur 30 enfants (âge moyen 2,8 ans) ayant eu une TH (dont 20 cas pour atrésie des voies biliaires). L’AA a été confirmée chez 20 enfants, dont 14 (68 %) ont un terrain atopique. Chez 17 enfants, la sensibilisation est apparue après la TH. L’AA a disparu chez 10/17 enfants sensibilisés après TH, alors que seuls 2/11 enfants sensibilisés avant la TH ont guéri. Lorsque l’AA est confirmée, le remplacement du tacrolimus par la ciclosporine et un régime d’éviction sont conseillés. • Le rôle de la transglutaminase 2 (TG2) dans la formation des bouchons muqueux des voies aériennes et l’altération de la clairance muco-ciliaire a fait l’objet d’une recherche expérimentale présentée par M. Le Brun (Rouen). Les auteurs ont utilisé un modèle in vitro de culture à l’interface air-liquide de cellules issues de biopsies d’asthmatiques sévères et de sujets sains. La TG2 est surexprimée par l’épithélium bronchique dans l’asthme. Les mucines sont des substrats de la TG2. Les auteurs ont colocalisé la TG2 et son produit catalytique à la surface de l’épithélium bronchique et corrélé leur présence à l’expression de la mucine MUC5AC. L’inhibition de TG2 favorise l’élimination de MUC5AC, ce qui suggère que l’activité enzymatique de TG2 participe à la rétention du mucus à la surface de l’épithélium bronchique. TG2 pourrait être une nouvelle cible thérapeutique dans l’asthme sévère. • Une stratégie prometteuse d’immunothérapie allergénique (ITA) consiste à présenter au système immunitaire les antigènes cibles grâce à une bioparticule synthétique qui ressemble à un virus (virus-like particule). V. Gomord (Val-de-Reuil) a présenté les résultats de son laboratoire de recherche qui a produit dans des plants de tabac une bio-particule enveloppée non-OGM exprimant à sa surface des trimères de l’allergène d’acariens rDer p 2. Le process de fabrication dure 8 semaines, dont 8 jours après transfection des plants. Les résultats chez la souris sensibilisée révèlent l’induction d’une forte réponse IgG2a aux allergènes d’acariens présentés par la bioparticule et d’une forte activation des cellules dendritiques. Ex vivo, le rDer p 2 couplé à la bio-particule n’active pas les polynucléaires basophiles humains. Cette bioparticule constituerait, si elle parvient au terme de son développement, une vraie biothérapie vaccinale allergénique. • L’éosinophile pourrait contribuer à l’épuisement immunitaire associé à la Covid-19. A. Abecassis (Marseille) a présenté les résultats de dosage de la neurotoxine dérivée des éosinophiles (EDN) chez 246 patients atteints de Covid-19 (formes légères, modérées et sévères) confirmés par RT-PCR, comparés à un groupe de 18 témoins sains. L’éosinopénie est fréquente au cours de l’infection Covid-19 et corrélée à la sévérité de la maladie. Le ratio EDN/éosinophilie sanguine augmente précocement dès 24 h après l’apparition des symptômes atteignant un maximum pendant la première semaine (forme modérée et sévère > forme légère, p < 0,0004) avant de décroître progressivement en 3 semaines dans les formes légères contre 3 mois dans les formes modérées et sévères. Ces résultats suggèrent aux auteurs que l’activation éosinophilique précoce pourrait contribuer directement à l’inflammation et indirectement à la modulation des réponses immunitaires adaptatives des lymphocytes T.

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