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Société

Publié le 10 déc 2021Lecture 3 min

Novembre, un mois très pneumologique

Colas TCHÉRAKIAN, Hôpital Foch, Suresnes

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Novembre est le Mois sans tabac, mais également celui de la Journée mondiale contre la BPCO, qui a eu lieu le 21 novembre dernier. Depuis 2 ans, les patients BPCO ont fait indéniablement moins d’exacerbations. La guerre contre le SARS-CoV-2, grâce aux gestes barrières, a limité la transmission des autres virus et fait drastiquement chuter les exacerbations des maladies bronchiques. Pour les jeunes, c’est moins d’exacerbations d’asthme, et pour les plus âgés, moins d’exacerbations de BPCO. Il faut dire que le principal pourvoyeur d’exacerbations chez le patient porteur de BPCO est... la garde des petits-enfants le mercredi ! Mais la plupart des patients vous le disaient, « on préfère mourir que de ne plus voir nos petits- enfants »... et ce fut un moteur pour la vaccination anti-Covid chez beaucoup d’entre eux. Une fois vaccinés, les gestes barrières sont tombés et les virus sont revenus. Avec de fortes épidémies, vous l’avez tous constaté, tout le monde a le nez qui coule à nouveau. Mais pour certains, le banal rhinovirus est dangereux, sans parler du terrible VRS. Et voilà nos patients BPCO à nouveaux hospitalisés ou en consultation pour exacerbation... La BPCO, c’est au moins 3,5 millions de Français, mais c’est surtout un adulte sur 10 qui est touché après 45 ans dont les 2/3 s’ignorent malades ! C’est l’occasion de vous présenter dans ce numéro les nouvelles techniques thérapeutiques non médicamenteuses que l’on peut proposer à ses patients, au stade avancé de la maladie, pour diminuer le handicap. Mais on ne peut pas parler de BPCO sans parler de tabac : 38 % des personnes qui s’essaient à l’arrêt du tabac le feront au mois de novembre. On peut d’ailleurs se poser la question de l’effet de la pandémie et du confinement sur le tabagisme. Souvenez-vous des premiers messages qui disaient que le tabagisme protégeait de la Covid, message à classer dans les fausses trouvailles qui ont essaimé au fil de la pandémie. Il s’en est suivi une augmentation du tabagisme, mais essentiellement parce qu’habituellement jusqu’à 25 % du tabac fumé en France provient des pays limitrophes. Or le confinement a bloqué cette circulation de tabac « invisible ». D’ailleurs, la consommation a augmenté de 25 % dans ces zones frontalières. Finalement, il n’y aura pas eu d’explosion du tabagisme. Et même, de façon globale, la tendance à la baisse se poursuit d’année en année. Sur ce graphique on observe les ventes de cigarettes (en millions d’unités) et le prix annuel moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue (source : DGDDI). Cet effet est moins marqué, mais existe aussi, sur le tabac à rouler. Toutefois, plus que la consommation totale de cigarettes, c’est le nombre de personnes entièrement sevrées qui compte : il n’y a pas d’effet seuil dans le tabagisme, le sur-risque de mortalité apparaît dès une cigarette par jour et c’est surtout la durée d’exposition qui compte. C’est pourquoi on vise le sevrage complet et non pas la diminution chez les fumeurs. Or, bonne nouvelle, la prévalence du tabagisme quotidien est passée de 27 % en 2017 à 24 % en 2019 (27,5 % des hommes et 20,7 % des femmes). C’est toujours trop... mais ça baisse et dans tous les milieux sociaux ! Ci-dessus : pourcentage de fumeurs quotidiens chez les 18-75 ans. Source : enquêtes Baromètre santé - Santé publique France. Cerise sur le gâteau, les jeunes délaissent le tabac, ils sont passés d’un lycéen fumeur pour 3 à un pour 4. Et ce, alors qu’ils s’intéressent de plus en plus à la cigarette électronique mais sans lien avec l’entrée dans le tabagisme derrière. La cigarette n’est plus à la mode chez les jeunes. Ne relâchons toutefois pas nos efforts car la bataille est loin d’être gagnée et souvenons-nous que toutes les occasions sont bonnes pour arrêter, le mois de novembre en est une !

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