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Stomatologie

15 mar 2011

La bouche de l’enfant de 6 ans à l’adolescence

B. KVERNELAND*, F. BDEOUI**, G. COULY* *Service de stomatologie et chirurgie maxillo-faciale pédiatrique, Hôpital Necker- Enfants malades, Paris **Service d’odontologie, Hôpital Albert-Chenevier, Créteil

Précédemment (L’examen de la bouche de l’enfant de 0 à 6 ans. Normalités, anomalies, recommandations et prévention) , nous avons détaillé les anomalies observables entre 0 et 6 ans. Nous poursuivons ce panorama de l’examen de la bouche de l’enfant, cette fois au-delà de 6 ans jusqu’à l’adolescence. Le remplacement des dents de laits par les dents définitives peut entraîner des problèmes particuliers, de structure, de forme ou de nombre. Les recommandations de prévention du risque carieux sont là aussi essentielles. 

 
De 6 ans à la préadolescence Remplacement des dents de lait La denture mixte apparaît vers 6- 7 ans. Durant cette période, les 20 dents de lait sont progressivement résorbées (rhyzalisées) au niveau de leur racine par les germes des dents adultes ; les incisives inférieures puis les supérieures se mettent en place. En arrière des 2es molaires de lait se placent les premières molaires permanentes (16, 26, 36, 46) (tableau 1). Une attention toute particulière doit leur être portée, car leurs éruptions passent souvent inaperçues, et elles ne seront pas brossées. Comme elles ne sont pas encore en occlusion, il n’y a pas de nettoyage mécanique. Leur émail est immature, et des anomalies de structure peuvent encore les fragiliser, comme lors du syndrome d’hypominéralisation des incisives et des molaires (MIH). Ces dents doivent bénéficier d’un diagnostic et d’une thérapeutique précoces appropriés (figure 1).  Figure 1. Hypoplasie molaire et incisive (MIH) (A et B). C : après soins et pose de couronne. Les premières molaires permanentes représentent 80 % des caries chez l’enfant de 12 ans. Leurs complications sont : les pulpites, desmodontites, cellulites, abcès, adéno-phlégmons de la face et du cou, etc. Les premières molaires permanentes représentent 80 % des caries chez l’enfant de 12 ans. L’examen clinique peut encore révéler d’autres anomalies dentaires, de structure, de forme ou de nombre, des dents temporaires ou permanentes : une amélogenèse et une dentinogenèse imparfaites, des dysplasies ectodermiques avec formule dentaire réduite. Ces anomalies sont d’origine génétique et sont soit isolées, soit elles font partie d’un tableau clinique de maladie ou de syndrome que nous ne détaillerons pas ici. Les anomalies de forme et de couleur des incisives permanentes peuvent encore être le résultat de traumatismes ou d’infections des dents temporaires. La fluoration excessive ou la prise de certains médicaments lors de la petite enfance en sont parfois responsables (tableau 2). Une radiographie panoramique serait utile vers 8 ans pour contrôler la formule dentaire et ainsi détecter les dents surnuméraires ou absentes, les éruptions ectopiques des premières molaires, les canines incluses, les malpositions des germes, les odontomes et les anomalies osseuses débutantes (dysplasies, tumeurs, kystes). Ces anomalies risquent d’hypothéquer la formule dentaire adulte future, si des mesures et traitements orthodontiques appropriés ne sont pas réalisés.   Les traumatismes bucco-dentaires Les accidents lors des activités sportives, des jeux dans la cour de récréation ou de la voie publique peuvent générer des traumatismes dentaires. L’objectif du traitement est de permettre une guérison tissulaire avec maturation des racines et rétablissement fonctionnel et esthétique.   La bouche du préadolescent(e) et de l’adolescent(e) Vers 12-13 ans, 28 dents permanentes sont en bouche, les 4 dents de sagesse vont faire leurs éruptions plus tardivement (vers 18- 20 ans), si les germes existent. Ce sont des dents qui manquent souvent. Leur surveillance est indispensable, et leur germectomie précoce est parfois nécessaire à des fins orthodontiques. C’est l’âge de prise en charge orthodontique par excellence si indications, par traitement multi-attaches. Une attention particulière à l’hygiène est alors primordiale. L’appareil orthodontique en bouche place le patient dans la catégorie à risque carieux individuel élevé. Les jeunes doivent être informés des risques bucco-dentaires du tabagisme, ainsi que des pathologies liées aux décorations et objets perforants intra-oraux (piercing de langue, de lèvre ou de joue) pouvant générer infections, fractures et pertes de tissus dentaires. Le port de gouttières, lors de certaines activités sportives violentes, doit être conseillé pour protéger les dents des traumatismes. Les jeunes sportifs doivent être informés sur l’effet néfaste que peuvent avoir certaines boissons dites « sportives », car très acides, riches en glucides et absorbées tout au long de l’effort. Elles peuvent provoquer non seulement des caries, mais aussi des érosions : perte de l’émail fragilisant les dents. Des érosions graves des dents sont diagnostiquées chez les patients souffrant d’anorexie et de boulimie. La sécheresse buccale, la diète souvent riche en glucides lors des périodes d’ingestions non contrôlées et les vomissements provoquent des caries et érosions, avec pertes graves de tissus minéralisés dentaires à évolution rapide. Un examen annuel est indispensable en dehors de tout processus carieux. L’orthodontie pédiatrique L’orthodontie est la thérapeutique permettant de mettre en harmonie les dents avec les maxillaires. Son but est double : optimiser les fonctions de la bouche (mastication, phonation, etc.), la ventilation nasale et assurer l’esthétique dentaire lors du sourire. Le diagnostic de l’anomalie dento-maxillaire ou de la discontinuité de croissance implique un examen précis, carnet de santé en main, et un bilan radiographique (télécrâne et panoramique). Le principe du traitement orthodontique comporte deux orientations : – l’une, orthopédique qui agit sur la croissance osseuse afin d’harmoniser les mâchoires supérieures et inférieures ; – l’autre, orthodontique, consistant en l’alignement et la mise en engrènement total des dents. En fonction du diagnostic, le traitement peut être mise en oeuvre en denture temporaire, mixte ou permanente. Il peut être débuté dès 4 ans chez l’enfant atteint de fentes faciales. Le diagnostic et le plan de traitement doivent être établis avant 16 ans, l’âge de la fin de la croissance faciale, pour une prise en charge par l’organisme social.  

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