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Rhinologie

Publié le 07 jan 2023Lecture 4 min

La biothérapie dans la polypose : oui, mais laquelle ?

Quentin LISAN, Hôpital Foch, Suresnes

L’arrivée des biothérapies dans la prise en charge de la polypose nasosinusienne (PNS) représente une ligne thérapeutique majeure dans la prise en charge de ces pathologies. Plusieurs biothérapies différentes existent, mais pour l’heure, seul le dupilumab est actuellement remboursé en France dans l’indication PNS. Le mépolizumab est nouvellement remboursé, mais a priori pas les autres biothérapies, qui le sont néanmoins dans la prise en charge de l’asthme, patients qui peuvent avoir une polypose ! Mais alors, quelle biothérapie est la plus efficace sur les symptômes de la PNS ? Alors que le volume des données en « vie réelle » est encore faible, une récente métaanalyse(1) a étudié l’effet des différentes biothérapies sur les symptômes de la PNS à partir des données de l’ensemble des essais randomisés disponibles.

MÉTHODES Tous les essais randomisés publiés jusqu’à fin 2021, ayant un suivi d’au moins 24 semaines et évaluant l’effet d’une biothérapie sur la PNS ont été inclus. De multiples critères de jugement ont été considérés (congestion nasale, score endoscopique de polype, score SNOT22, etc.). Une méthode classique de méta-analyse a d’abord été utilisée, réalisant la méta-analyse de chaque biothérapie indépendamment. Ensuite, une méthode spécifique permettant de comparer les différents traitements entre eux a été utilisée (comparaison indirecte de traitements)(2), étant donné qu’il n’existe actuellement pas d’essai comparant directement les différentes biothérapies entre elles.   RÉSULTATS Au total, sept essais randomisés ont été inclus, représentant 1 913 patients. Ces essais représentent quatre biothérapies : le benralizumab (anti-IL5, Fasenra®), le dupilumab (anti-IL4/13, Dupixent®), le mépolizumab (anti-IL5, Nucala®) et l’omalizumab (anti-IgE, Xolair®). Individuellement, ces différentes biothérapies ont globalement toutes un effet bénéfique sur les paramètres étudiés. Seul le benralizumab n’est pas associé à une amélioration des paramètres suivants, comparativement au placebo : score endoscopique de polypes, congestion nasale, score SNOT22, anosmie et score scannographique de Lund-MacKay. Comparativement aux autres biothérapies, le dupilumab était plus efficace sur les paramètres suivants : score endoscopique des polypes, score de congestion nasale, anosmie ainsi que le score scannographique de Lund- MacKay. Le SNOT22 et le score total des symptômes (évalué par échelle visuelle analogique par les patients) étaient améliorés de manière plus importante par le dupilumab comparativement au mépolizumab et benralizumab, mais de manière équivalente entre le dupilumab et l’omalizumab. Ces résultats sont résumés dans le tableau 1. Il n’était pas retrouvé de différence entre les biothérapies en termes de survenue d’effets indésirables. Des résultats similaires aux résultats principaux étaient retrouvés lorsque les analyses de sous-groupe suivantes étaient réalisées : analyse n’incluant que les essais de phase 3, n’incluant que les patients ayant déjà eu une chirurgie sinusienne, n’incluant que les patients présentant un asthme comorbide ou bien ne présentant pas d’asthme. Le point vert représente la biothérapie la plus efficace pour le paramètre concerné.     DISCUSSION Cette méta-analyse confirme l’efficacité des différentes biothérapies dans la PNS, et a priori la supériorité du dupilumab sur de nombreux paramètres par rapport aux autres biothérapies. Néanmoins, cette étude ne rapporte pas tous les critères de jugement d’intérêt, telle que la consommation de corticoïdes per os ou encore sur la nécessité d’une chirurgie en cas d’échec de la biothérapie. De plus, l’inclusion des patients est hétérogène, certains essais n’incluant par exemple que des patients déjà opérés. Malgré ces limites, cette étude apporte une lumière sur l’efficacité comparative des différentes biothérapies dans la PNS. Ces résultats sont d’autant plus intéressants qu’une deuxième biothérapie va prochainement être remboursée en France dans l’indication PNS, en plus du dupilumab, à savoir le mépolizumab. De plus, bien que les deux autres biothérapies ne soient pour le moment pas en voie de remboursement dans l’indication PNS, elles sont prescrites chez des patients asthmatiques qui peuvent présenter également une PNS. Il est à noter que l’indication d’initier une biothérapie pour PNS n’est pas parfaitement consensuelle et n’est pas harmonisée au niveau international. En France, la biothérapie est indiquée en cas de PNS sévère insuffisamment contrôlée par les corticoïdes systémiques et la chirurgie. Alors que les notions de sévérité et de contrôle de la PNS reposent sur les critères de l’EPOS (dose cumulée annuelle de corticoïdes per os ou nombre annuel de cures, dégradation du SNOT22, anosmie, contrôle de l’asthme)(3), le type de chirurgie (polypectomie ou bien ethmoïdectomie plus ou moins étendue) ouvrant droit à l’initiation d’une biothérapie est encore mal défini.   CONCLUSION Bien que toutes les biothérapies améliorent les différents paramètres de la PNS, le dupilumab semble bien être la plus efficace de toutes !

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